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Play

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Anthony Marciano, le réalisateur de Play, et son acteur principal Max Boublil ont consolidé leur collaboration artistique dans l’écriture humoristique avant de se lancer dans le cinéma. Et les sketches de ce film, avec leur intelligence descriptive, resteront les moments les plus brillants d’une mosaïque d’épisodes qui ne tient que grâce à un tempo soutenu. Autrement, ce qui se présente comme le récit autobiographique de Max (Max Boublil) à travers les extraits vidéo récoltés depuis le début de son adolescence joue trop maladroitement la carte du « vrai » auto-documentaire. Malgré une reconstruction historique des années 90 et 2000 assez convaincante, nous ne pourrons que soupçonner assez rapidement une mise en scène de tous ces prétendus fragments de home movies.

En effet, le visionnage de Play redevient intéressant justement dès que l’on se place à une certaine distance de l’effet immersif voulu par le projet : on y « voit » alors ce que Marciano imagine être un document, tout en y découvrant aussi les scènes qu’on jugera bien trop « cinématographiques ». Cette lecture au deuxième degré du film s’avérera être un formidable exercice d’identification des limites entre documentaire et fiction, lesquelles seront destinées à se dissoudre avec l’avancement temporel du récit. Car, en se rapprochant de notre présent, la texture des images et leurs décors nous replongent dans l’histoire en redonnant son importance à l’immersion cinématographique. Ce sera alors le moment d’une autre découverte intéressante : celle d’un récit par impressions, lequel paraît assez convaincant grâce à un usage des ellipses tout à fait cohérent avec le genre du vlog.

Certes, au-delà de cette double « expérience de la forme », il ne nous restera pas grand-chose de Play — dont la narration est alourdie par beaucoup de clichés sur l’adolescence et la jeunesse, et par une histoire d’amour un peu conventionnelle (même si elle est bien montrée dans son réalisme douloureux…) —, sinon qu’il faut souligner la belle performance des acteurs, en particulier celle d’Alice Isaaz dans le rôle d’Emma.

First published: January 20, 2020

Play | Film | Anthony Marciano | FR 2019 | 105’

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