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Fogo-Fátuo

Fogo-Fátuo

Screenings in Swiss cinema theatres

C’est l’histoire d’Alfredo, prince aux désirs révolutionnaires qui, au cours de sa formation de sapeur-pompier, croise la route de l’instructeur Alfonso et découvre d’autres désirs, tabous dans sa famille bête et coincée. C’est donc le récit d’une éducation (ou plutôt d’un déniaisement), au cours duquel l’envie d’Alfredo de sortir de sa caste est mise à l’épreuve d’autres corps, aux deux sens du terme, puisqu’il se frotte à la fois au corps collectif des pompiers et au corps singulier d’un pompier, charmé et agacé par ce blanc bec qui vient lui dire à lui, sujet racisé, qu’il veut changer le monde avec ses jolies idées. Ce n’est pas la philosophie dans le boudoir, mais l’histoire de l’art dans les vestiaires (à son arrivée, les collègues d’Alfredo reconstituent à poil quelques chefs d’œuvre de l’art pictural que le prince, qui prétend s’y connaître en tableaux, est sommé d’identifier ; ce sera un zéro pointé) avec comme apostille un bref traité sur l’art de conjuguer la critique postcoloniale à la branlette. Ce n’est pas pour autant un film donneur de leçons, car comme son protagoniste, à travers toutes ses pirouettes (narratives : le film se permet quelques allers-retours entre 2069, lorsqu’Alfredo se meurt et se souvient, et le présent, lorsque le prince est jeune et vit ; corporelles : les personnages chantent, dansent, se caressent et s’aiment) Fogo-Fátuo se cherche tout en sachant qu’il ne se trouvera pas, destin réservé à ceux qui toute leur vie durant se contentent de rester là où on leur dit d’être. Assis confortablement sur son déséquilibre, il prend son temps sans nous permettre de prendre notre pied, ultime pied de nez qui nous rappelle que la jouissance, ça ne se commande pas et que le cinéma n’a pas vocation à contenter son public.

First published: September 20, 2022

Fogo-Fátuo | Film | João Pedro Rodrigues | PT-FR 2022 | 67’

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