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À l’infini

À l’infini

Quand à la fin du film nous nous retrouvons face à l’écran noir où va apparaître « À l’infini »,  un puissant frisson va secouer notre corps. Ce n’est pas le titre du film qui est répété, c’est la conscience que tout ce qu’on a vu – et vécu – dans À l’infini va se répéter à l’infini. Le monde du soin des malades mentaux (en réalité il s’agit de pensionnaires de maisons d’accueil spécialisées, qui ne sont pas hospitalisés) dans lequel Edmond Carrère nous plonge ne s’arrête pas avec la fin du film. Les obsessions des pensionnaires, la patience des soignants (ou accompagnateurs), les médiations possibles et impossibles entre eux vont se renouveler au-delà des limites de l’expérience ponctuelle du regard souvent “touristique” des gens du cinéma.

Edmond Carrère fait ici preuve d’une fidélité impressionnante au réel, qu’il approche honnêtement en s’accrochant aux visages des soignants de ces maisons, pont immédiat pour accéder aux énigmes de ceux qui y vivent. Et ces derniers demeurent longuement vus par un regard latéral, les visages jamais au centre du regard de la caméra, avec donc une discrétion qui s’avère également une confession d’ignorance. Mais l’étonnant professionnalisme, l’inventivité et la disponibilité humaine du personnel spécialisé nous permettent finalement d’entrer en contact avec les malades mentaux et de gagner une proximité “physique” avec eux d’une rare puissance et d’une rare efficacité. S’il existe quelque chose comme un “cinéma du réel”, À l’infini d’Edmond Carrère en est l’exemple paradigmatique. (GDS)

First published: April 20, 2018

À l’infini | Film | Edmond Carrère | FR 2018 | 72’ | Visions du réel 2018

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