Punku

En langage quechua, « punku » signifie porte, entrée, passage, et Juan Daniel Fernández Molero fait de son cinéma lui-même un punku, un lieu d’entrée dans un monde émerveillé qui tourne autour de la ville de Quillabamba au Pérou. À la place d’une Alice naïve au pays des merveilles, nous y retrouvons Meshia, une jeune fille arrivée en ville depuis son village Machiguenga. Plus qu’une recherche des identités, c’est leur migration et leur hybridation qui l’importent sur un écran cinématographique habité par un mélange unique de légendes et de vie quotidienne. La figure du fleuve relie et confond les histoires, et Meshia est une sirène fluviale qui relie et confond imaginaire occidental et traditions indigènes. L’hybridité de la sirène se précise en tant que confluence, au sens littéral d’un rassemblement des fleuves, chaque fleuve représentant la forme d’un récit. À la fois portrait d’un territoire fluvial entre montagne et jungle, et voyage halluciné et initiatique, Punku fait de l’onirisme une cartographie détaillée, surréaliste et réaliste à la fois.

Juan Daniel Fernández Molero | ES-PER 2025 | 132’ | Berlinale 2025, Filmar en América latina Genève 2025
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